Visage de l'IPREM

Interview de Dany Gonbeau, chercheur à l'IPREM

  • Pouvez-vous nous présenter votre métier ?

Le métier de chercheur est un métier multi-facettes, évolutif et créatif.
Le 1er aspect c’est bien sûr la recherche. De façon générale, pour moi faire de la recherche c’est contribuer à l’avancée des connaissances dans une discipline, un thème ou un projet de recherche, la finalité étant de connaître pour comprendre afin de progresser, voire d’innover.
Je conçois la recherche comme un métier très ouvert, qui implique des phases de réflexions personnelles, mais aussi des échanges scientifiques et du travail en équipe. Cela nécessite de s’appuyer sur des compétences dans un secteur donné et de collaborer avec d’autres chercheurs.
Rien n’est jamais figé en recherche, il y a de vrais espaces de liberté sur les choix que l’on peut faire ou les orientations que l’on peut prendre pour relever de nouveaux défis.
Un autre élément essentiel est la valorisation, sous différentes formes, des résultats scientifiques et des compétences.
La formation par la recherche est, à mes yeux, une autre facette très importante du métier et ceci tant auprès des doctorants, post-doctorants, que des jeunes permanents chercheurs, enseignants-chercheurs…
Dans sa carrière, un chercheur est amené à s’impliquer à différents niveaux : organisation et direction de projets de recherche, animation scientifique et direction d’équipe, d’UMR, autant d’expériences que j’ai trouvées riches et stimulantes.
Pour moi être chercheur est un métier passionnant, porteur de beaucoup d’ouvertures et qui ne laisse pas de place à l’ennui.

  • Pourquoi avez-vous choisi ce domaine d’activité ?

Les échanges que j’ai eu avec certains enseignants, de même que les premières expériences en recherche au cours de mon DEA et de ma thèse, ont été déterminants dans mon choix de parcours et de carrière.
J’ai travaillé dans le domaine de la chimie physique, avec une orientation initiale en chimie moléculaire, via des approches théoriques essentiellement. Après une quinzaine d’années, j’ai évolué vers la chimie des matériaux, les surfaces-interfaces et la spectroscopie de photoémission (XPS), mais en gardant toujours un intérêt pour les approches couplant expérience et théorie.
Cette nouvelle orientation a permis l’ouverture, il y a 15-20 ans, de nouvelles voies en recherche dans le domaine porteur du stockage électrochimique de l’énergie (accumulateurs/batteries Li–ion). Le croisement des compétences que nous développions avec les centres d’intérêts de ce secteur a conduit à de nombreuses ouvertures scientifiques. Des éléments de réponse ont pu être amenés, tant vis-à-vis des transferts électroniques et ioniques dans les matériaux d’électrode (à la base du fonctionnement des accumulateurs) que des mécanismes aux interfaces électrode - électrolyte (verrou important, en particulier en terme de durée de vie des accumulateurs).

  • Est-ce que vous pouvez nous parler un peu plus de ce que vous faites ici ? Une journée type ?

Il n’y a pas de journée type, les activités sont très variées…Jamais de routine en recherche !
Je préfère parler des étapes concrètes des travaux de recherche, sachant qu’une journée peut être consacrée à l’une ou l’autre, voire à plusieurs de ces étapes.
Au départ, il faut par exemple fixer et positionner le projet de recherche, le cadre qui l’accompagne avec des actions de veille scientifique. Il faut analyser et apprécier la faisabilité car le risque zéro n’existe pas.
Il faut ensuite organiser les voies de recherches et les moyens à mettre en œuvre, en intégrant les perspectives de collaborations académiques et industrielles.
La réalisation et l’obtention des résultats constituent l’étape suivante. Elle n’est pas des plus simples, les résultats d’intérêts n’étant pas toujours au rendez-vous. Vient enfin, le temps de la valorisation : publications, congrès, conférences…
L’expérience m’a montré qu’avec de la persévérance, de l’investissement et du dialogue, on peut surmonter beaucoup de difficultés.
 

  • Qu'est-ce qui vous intéresse le plus dans votre travail ?

Ce qui m’intéresse le plus c’est l’aspect évolutif et créatif du métier.
Ouvrir des voies nouvelles en recherche et relever des défis ont toujours été des aspects stimulants pour moi, qui suis d’un naturel curieux.
Par ailleurs, j’ai toujours consacré une place importante aux échanges scientifiques et à la confrontation qui permettent de comprendre afin de progresser.
 

  • Un mot de la fin ?

C’est pour moi le mot de la fin de ma carrière !
Je suis très heureuse d’avoir pu mener une vie professionnelle riche et épanouissante dans les environnements du CNRS et de l’UPPA. J’ai beaucoup donné à mon métier mais il m’a aussi énormément apporté !

Pour en savoir plus : communication-iprem@univ-pau.fr

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